La datation de la météorite « Allende » :

La météorite « Allende », tombée au nord du Mexique en 1969, contient des inclusions de petites sphères nommées chondres (doc1).
Ces chondres ont une composition voisine de la composition moyenne de la Terre.
Ce type de météorite s’est formé en même temps que le système solaire.
Des mesures des rapports 87Rb/86Sr et 87Sr/86Sr ont été réalisées dans différents chondres de la météorite.
Les résultats sont présentés dans le tableau.
Le 87Rb se désintègre en 87Sr avec une constante de désintégration λ égale à 1,42.10-11 an-1.
L’âge t d’une météorite peut-être déterminé à partir des rapports isotopiques 87Rb/86Sr et 87Sr/86Sr et de l’équation suivante:
[87Rb/86Sr]t = (eλt – 1)[87Rb/86Sr]t + 87Sr0/86Sr0
Mesures des rapports isotopiques dans les chondres de la météorite Allende
| 87Rb/86Sr | 87Sr/86Sr | |
| chondre 1 | 0.00017 | 0.69877 |
| chondre 2 | 0.00075 | 0.69889 |
| chondre 3 | 0.00393 | 0.69899 |
| chondre 4 | 0.00432 | 0.69903 |
| chondre 5 | 0.00660 | 0.69925 |
| chondre 6 | 0.00853 | 0.69933 |
| chondre 7 | 0.05213 | 0.70214 |
Tracez, sur Excel, le graphique de la variation des rapports de Strontium 87/Strontium 86 (y = 87Sr/86Sr) en fonction des rapports de Rubidium 87/Strontium 86 ( x = 87Rb/86Sr)
Ce graphique est une droite.
Toute droite est du type Y = aX + b
a représente le coefficient directeur de la droite
Trouvez le coefficient directeur grâce au logiciel
Notez le coefficient directeur
Lors d’une décroissance radioactive, le coefficient directeur est :
a = (eλt – 1)
a +1 = eλt
lneλt = ln(a + 1)
λ x t = ln(a + 1)
t = ln(a + 1)/λ
Ce qui revient approximativement à t=a/λ
À partir de là, trouvez l’âge de la météorite.
La datation des roches de la croûte continentale
Un étudiant en géologie retrouve dans une collection de roches, trois échantillons de granites provenant de Norvège, de Bretagne et de Basse Normandie.
Il sait que l’échantillon le plus ancien est le granite norvégien. L’échantillon breton porte une étiquette « environ 300 millions d’années ».
Il dispose de documents permettant de les dater.
Vous devez l’aider à retrouver l’origine et l’âge des échantillons de granite.
Exploitez les données afin de répondre au QCM sur la feuille annexe avec la copie.
Document 1a : principe de datation d’une roche avec le couple d’éléments rubidium / strontium
On mesure sur différents minéraux de ma roche étudiée la quantité de 87Rb, 86Sr, 87Sr.
En reportant sur un graphique en abscisse le rapport 87Rb/86Sr, et en ordonnée le rapport 87Sr/86Sr pour chaque minéral étudié, on obtient une droite isochrone dont l’équation est :
Y = (eλt – 1) x + b avec y = 87Sr/86Sr x = 87Rb/86Sr
(λ étant la constante de désintégration radioactive spécifique du couple rubidium / strontium. Sa valeur n’est pas donnée car elle n’est pas utile pour l’exercice).
Document 1b : détermination de t à partir de (eλt – 1)
| Valeurs de (eλt – 1) | Âge approximatif en millions d’années (t) | Valeurs de (eλt – 1) | Âge approximatif en millions d’années (t) |
| 0,0020 | 140 | 0,0151 | 1050 |
| 0,0030 | 210 | 0,0161 | 1120 |
| 0,0040 | 280 | 0,0171 | 1200 |
| 0,0050 | 350 | 0,0182 | 1270 |
| 0,0060 | 420 | 0,0192 | 1340 |
| 0,0070 | 490 | 0,0202 | 1400 |
| 0,0080 | 560 | 0,0212 | 1480 |
| 0,0090 | 630 | 0,0222 | 1550 |
| 0,0101 | 700 | 0,0233 | 1620 |
| 0,0111 | 770 | 0,0243 | 1690 |
| 0,0121 | 840 | 0,0253 | 1760 |
| 0,0131 | 910 | 0,0263 | 1830 |
| 0,0141 | 980 | 0,0274 | 1900 |
Document 2 : droites isochrones correspondant aux 3 échantillons



D’après http://ansatte.uit.no/webgeology/webgeology_files/english/rbsr.html et « Comprendre et enseigner la planète Terre » OPHRYS Edition
1-La droite isochrone de l’échantillon C donne :
- (eλt – 1) = 0,0254 ce qui permet de déduire un âge d’environ 1760 Ma.
- (eλt – 1) = 0,00254 ce qui permet de déduire un âge d’environ 1760 Ma.
- (eλt – 1) = 0,0254 ce qui permet de déduire un âge d’environ 142 Ma.
- (eλt – 1) = 0,00254 ce qui permet de déduire un âge d’environ 142 Ma.
2-L’étude des droites isochrones a permis de déduire l’âge des échantillons. L’étudiant en a conclu que :
- L’échantillon A est plus ancien que l’échantillon B lui-même plus ancien que l’échantillon C.
- L’échantillon C est plus ancien que l’échantillon B lui-même plus ancien que l’échantillon A.
- L’échantillon B est plus ancien que l’échantillon A lui-même plus ancien que l’échantillon C.
- L’échantillon C est plus ancien que l’échantillon A lui-même plus ancien que l’échantillon B.
3-A partir de ces données, il a pu retrouver les lieux d’origine des échantillons :
- L’échantillon A provient de Bretagne, B de Norvège, C de Basse-Normandie.
- L’échantillon A provient de Basse-Normandie, B de Norvège, C de Bretagne
- L’échantillon A provient de Norvège, B de Basse-Normandie, C de Bretagne
- L’échantillon A provient de Basse-Normandie, B de Bretagne, C de Norvège.
La datation de deux granites dans la massif central
Des géologues s’interrogent sur la chronologie de la mise en place de deux granites du Massif Central:
- le granite du Puy en Velay, un leucogranite à deux micas;
- le granite du Sidobre (ci-dessous, la « peyro clabado » ou pierre clouée), une granodiorite à biotite (micas noir)

Pour certains auteurs, le granite à biotite du Sidobre semble postérieur au granite du Puy en Velay.
Pour d’autres, ces deux granites seraient contemporains l’un de l’autre.
Des zircons, minéraux caractéristiques de ces roches, contenus dans ces granites sont radioactifs: ils contiennent du Rubidium et du Strontium. Ils vont nous permettre de dater ces deux granites et du coup, répondre à la question.


Mesures des rapports isotopiques effectués sur ces deux roches
| γ du Puy en Velay | x = 87Rb/86Sr | y = 87Sr/86Sr |
| échantillon 1 | 11.69 | 0.7696 |
| échantillon 2 | 8.54 | 0.7560 |
| échantillon 3 | 5.09 | 0.7404 |
| échantillon 4 | 6.56 | 0.7448 |
| échantillon 5 | 9.04 | 0.7573 |
| échantillon 6 | 11.98 | 0.7680 |
| γ du Sidobre | x = 87Rb/86Sr | y = 87Sr/86Sr |
| échantillon 1 | 1.87 | 0.7148 |
| échantillon 2 | 3.00 | 0.7197 |
| échantillon 3 | 4.87 | 0.7282 |
| échantillon 4 | 3.24 | 0.7213 |
| échantillon 5 | 2.64 | 0.7219 |
| échantillon 6 | 1.36 | 0.7125 |
Le rubidium 87 se désintègre en strontium 87 selon une demi-vie T=48,8.109 ans.
Le strontium 86 est un isotopes stable: il ne se désintègre pas.
Sa valeur de départ est la même que sa valeur au moment des mesures.
Dans un échantillon, on mesure la quantité de rubidium 87, de strontium 87 et de strontium 86.
Si on calcule les rapports 87Rb/86Sr et 87Sr/86Sr , on obtient une droite isochrone dont le coefficient directeur a est proportionnel au temps.
Le coefficient directeur est égal à :
a = (eλt – 1)
a +1 = eλt
lneλt = ln(a + 1)
λ x t = ln(a + 1)
t = ln(a + 1)/λ
Ce qui revient approximativement à t=a/λ
ou λ= 1,397.10-11 an-1
À partir de là, trouvez l’âge des deux roches et répondez à la question.
