Pour Aristote, puisque l’épandage de fumier améliore les cultures alors les plantes se nourrissent des matières organiques présentes dans le sol: qu’en pensez-vous?
Pour Jean-Baptiste Van Helmont, au XVIIe siècle, le grand Aristote à tord, sinon comment expliquer qu’un saule arrosé dans un pot puisse croitre sans que la quantité de terre ne diminue ?
Deux hypothèses s’affrontent donc:
soit ils se nourrissent de la de matière organique présente dans le sol.
soit les végétaux se nourrissent de l’air et de l’eau;
On sait aujourd’hui que les plantes se nourrissent d’air, d’eau et de lumière, c’est ce que l’on appelle la photosynthèse et nous allons le montrer.
1-Mise en évidence de la présence d’amidon dans des feuilles d’Élodée
grains d’amidon au M.Ograins d’amidon au M.EFormule développée de l’amidon
L’amidon (du latinamulum ou amylum, non moulu) est un glucide (sucre) complexe composé d’unités de glucose (sucre simple). Il s’agit d’une molécule de réserve pour les végétaux supérieurs et un élément courant de l’alimentation humaine.
Formule chimique : (C6H10O5)n
La photosynthèse permet de fabriquer du glucose selon la réaction:
6CO2 + 6H20 + lumière —–> C6H12O6 + 6O2
Puis le glucose est mis en réserve sous forme d’amidon selon la réaction de déshydratation:
C6H12O6 + C6H12O6 —–> (C6H10O5)2 + H20
Ceci, c’est la théorie, encore faut-il le prouver.
Montrez que les cellules des feuilles d’Élodée produisent de l’amidon uniquement lorsqu’elles sont exposées à la lumière.
Matériel : Lunettes de protection
Parties photosynthétiques d’un végétal préalablement éclairées : 2 heures minimum pour des feuilles aériennes et dans un milieu enrichi en CO2 pour une plante aquatique de type Élodée
Des parties photosynthétiques laissées à l’obscurité pendant 24h
Tubercules de pomme de terre
Ciseaux fins
2 Verres de montre
Eau iodée
Bec électrique
2 Béchers en Pyrex avec un morceau d’élodée et un tiers d’eau du robinet:
l’un avec laissé à la lumière
l’autre mis à l’obscurité
Gants ou pince en bois
Microscope optique
1 téléphone portable
1 porte téléphone
Pipette Pasteur
Bécher avec eau distillée
Un feutre pour écrire sur le verre
Méthode :
Avec le stylo, notez « Lumière » sur un verre de montre
Allumez le bec électrique sur thermostat 5
Portez à ébullition le bécher contenant l’échantillon végétal resté à la lumière toute la journée
Laissez bouillir 2 minutes
Avec un gant, retirez le bêcher
Arrachez 3/4 feuilles
Déposer ces feuilles dans un verre de montre
Ajoutez quelques gouttes d’eau iodée
Laissez reposer 5 minutes
Sur une lame, notez « Lumière »
Déposez une feuille sur une lame
Ajoutez une goutte d’eau iodée
Recouvrez d’une lamelle
Recommencez avec une autre feuille
Observez au microscope
La coloration bleutée met en évidence la présence d’amidon (regardez la nervure)
Prenez une photo
Recommencez ce protocole avec une feuille du végétal resté à l’obscurité
Pour bien comprendre la signification du test à l’eau iodée :
Découpez la pomme de terre en deux puis déposez une goutte d’eau iodée sur la patate
Déposez une goutte d’eau iodée sur la paillasse
La coloration bleu/noire est caractéristique de l’amidon, polymère de glucose
Observez les résultats : que nous apprennent ces tests ?
Comment appelle-t-on ces résultats dans une expérience scientifique ?
Comment explique-t-on la couleur verte des végétaux ?
2-Mise en évidence de l’absorption de la lumière par les végétaux
Les pigments chlorophylliens:
Ce sont des pigments portés par les chloroplastes des cellules végétales. ceux-ci sont indispensables à l’activité photosynthétique de la plante.
Encore faut-il le montrer !
A l’aide des deux expériences suivantes, montrer que la plante capte un partie du spectre de la lumière blanche.
Mise en évidence de l’absorption d’une partie de la lumière blanche par un jus de chlorophylles:
L’extraction de la chlorophylle des végétaux permet d’obtenir une solution chlorophyllienne qui va servir à réaliser la suite des manipulations.
Les feuilles de la plante sont mises en contact avec de l’éthanol absolu qui va les léser mécaniquement et va détruire les membranes des cellules dans le but d’en extraire les organites, les lipides et les lipoprotéines sont solubles dans l’éthanol.
Le broyat ainsi obtenu est filtré et la chlorophylle est extraite grâce au dichlorométhane, solvant d’extraction.
Après une seconde filtration, le filtrat est chauffé afin de garder uniquement les pigments de la chlorophylle.
Matériel:
alcool absolu
mortier et pilon
épinards
entonnoir
béchers
papier filtre
sable de Fontainebleau
un spectromètre à main
Protocole d’extraction des chlorophylles :
Pesez 20g de feuilles d’épinard dans un bécher
Couper-les finement à l’aide d’une paire de ciseaux
Placez les feuilles coupées dans un mortier
Ajouter 10g de sable de fontainebleaux
Ajouter 20ml d’éthanol absolu.
Broyer-écraser les feuilles avec le pilon jusqu’à obtention d’une soupe verte
Filtrer le broyat dans un entonnoir muni d’un filtre à café.
Mise en évidence de l’absorption de lumière
Récupérez le filtrat
Remplissez la cuve du spectromètre avec ce filtrat
Observez la lumière à travers le spectroscope sans la cuve
Notez les couleur visible dans l’ordre précis
Puis observez la lumière à travers la cuve du spectromètre
Vous devez voir une différence
Dessinez ce que vous observez maintenant
Comparez avec ce que vous aviez observez précédemment
Séparer les différents pigments photosynthétiques
Matériel:
éprouvette à chromatographie avec un demi centimètre d’éluant
du papier à chromatographie
une feuille d’épinard
une tige en verre
Repérez le bas de la bande de papier à chromatographie (Wattman) : extrémité opposée à l’orifice par lequel la bande sera suspendue.
Veillez à prendre le papier uniquement par les bords sans poser vos gros doigts tout plein de gras sur la zone de migration.
Écrasez, à environ 2 cm du bas de la bande, deux bouts de feuilles à l’aide de la tige en verre comme sur l’image ci-dessus.
Allez sous la hôte avec le papier et l’éprouvette
Allumez la hôte (si ce n’est pas déjà fait)
Versez 1 demi centimètre d’éluant dans l’éprouvette si ce n’est pas déjà fait : le papier doit toucher le liquide mais le liquide ne doit pas recouvrir la tache de chlorophylle (Voir schéma)
Suspendez le papier à chromatographie à l’aide d’un crochet fixé sur un bouchon, le placer dans l’éprouvette et fermer
Faites l’obscurité en recouvrant l’éprouvette du papier d’aluminium
Laissez migrer le solvant 5/6 minutes
Ramenez l’éprouvette à votre paillasse
Enlevez le papier d’aluminium mais sans enlever le bouchon
Repérez les différents pigments chlorophylliens
Prenez une photo à travers le verre ou bien dessinez ce que vous voyez
Pour la semaine prochaine:
Rédigez un compte-rendu de vos découvertes.
A l’aide des deux expériences, montrez comment la plante capte un partie du spectre de la lumière blanche.
Je suis professeur agrégé des Sciences de la Vie, de la Terre et de l’Univers depuis 2003; professeur au lycée Bartholdi de Colmar depuis 2007; membre d’un jury de Bac depuis 2012; membre d’un jury de Grand oral depuis 2022
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