Comment peut-on expliquer, lorsque nous attrapons la grippe, que nous soyons couchés et fiévreux pendant 2 à 3 jours ?

Document : Schéma d’une réaction spécifique contre un seul type d’agent pathogène

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Si la réaction immunitaire non-spécifique a échoué, l’infection se propage dans notre corps: l’infection locale devient alors générale.
Les cellules présentatrices d’antigènes (CPAg) quittent le lieu de l’infection pour gagner les ganglions lymphatiques.
Là, elles vont participer à la phase de sélection des cellules qui vont s’attaquer à l’agent infectieux.
La phase de sélection
Document 1: Interaction entre une cellule dendritique (en gris) et un lymphocyte (en rose)

Les cellules de l’immunité spécifique ne deviennent effectrices qu’après une première rencontre avec un antigène.
Pour cela, la cellule présentatrice de l’antigène expose les molécules spécifiques (=antigène) de l’agent infectieux avec lequel elle a été en contact sur le lieu de l’infection.

Les cellules impliquées dans cette réponse sont des lymphocytes:
- les lymphocytes B
- et les lymphocytes T.
Comment se fait la sélection des lymphocytes spécifiques de l’agent infectieux ?
Il faut nécessairement qu’il y ait une interaction spécifique.
Les lymphocytes B et T possèdent des récepteurs de surface ayant une forme qui leur est propre.
Si une forme correspond à la forme complémentaire de l’antigène alors il y a interaction et donc sélection de ces lymphocytes qui seront par conséquent spécifiques de l’agent infectieux.
La phase d’amplification
Mais une cellule seule ne peut pas s’attaquer à des millions de virus ou de bactéries en cours de prolifération dans notre corps.
Les lymphocytes B et T sélectionnés vont alors se multiplier.
Document : micrographie d’une interaction entre lymphocytes T4 et B

Pour cela, les lymphocytes T4, aussi dit Auxiliaires, vont produire les molécules favorisant la prolifération cellulaire : des interleukines.
A cause de ce phénomène, on dit parfois que les lymphocytes T4 sont les chef d’orchestre de la réaction immunitaire spécifique.
Malheureusement, le V.I.H s’attaque à ces cellules et les détruit d’où l’acronyme S.I.D.A pour Syndrome d’Immunodéficience Acquis.
Transition: être nombreux c’est bien, avoir les bonnes armes, c’est mieux !
La phase de différenciation
Différenciation des lymphocytes B

Les lymphocytes B sélectionnés se différencient en plasmocytes producteurs d’anticorps libérés dans le sang: l’individu devient séropositif.
Comment peut-on montrer la séropositivité d’un individu ?
Comment peut-on montrer la spécificité d’un anticorps pour un antigène?
Document : Résultats d’un test d’immuno-diffusion dans un gel d’agarose

Les anticorps sont hautement spécifiques des antigènes comme le montre le Test d’Ouchterlony.

Origine de la spécificité Ag/Ac





À retenir:
Les plasmocytes agissent à distance par l’intermédiaire des anticorps. Les anticorps entourent l’agent infectieux en se fixant sur les antigènes dont ils sont spécifiques. Il se forment alors des complexes immuns immobilisant l’agent infectieux.
Différenciation des lymphocytes T8
Document : graphique de la variation de la charge virale et du nombre de LTc en fonction du temps

Les lymphocytes T8 se différencient en LT cytotoxiques capables de venir au contact d’une cellule infectée et de la détruire.
Les lymphocytes Tc font ce que l’on appelle le « baiser de la mort »: la cellule contaminée par un agent infectieux va exploser.


La phase d’élimination
Des macrophages vont alors s’occuper de digérer les complexes immuns et les bouts de cellules mortes.
La phagocytose, commune aux réactions spécifiques et non-spécifiques, permet d’éliminer définitivement l’agent infectieux.
A ce stade, l’individu est déjà rétabli même s’il peut se sentir encore un peu malade.
Transition: ce système est tellement perfectionné que parfois il lui arrive de dérailler…
Éviter des maladies auto-immunes

Le système immunitaire ne se déclenche pas contre des molécules de l’organisme, molécules dites du soi: ce sont des molécules du Complexe Majeur d’Histocompatibilité ou C.M.H.
Étude d’un cas particulier : le fœtus
https://www.doctissimo.fr/html/grossesse/patho_femme_enceinte/gr_4013_immunisation.htm
Pourtant, les cellules de l’immunité spécifique sont produites aléatoirement par des mécanismes génétiques complexes qui permettent potentiellement de répondre à une multitude d’antigènes.
Document : à l’école des lymphocytes !

La maturation du système immunitaire résulte d’un équilibre dynamique entre la production de cellules et l’élimination des cellules autoréactives qui créent des maladies auto-immunes.
Conclusion
La réaction immunitaire spécifique repose sur un véritable dialogue entre cellules, soit directement soit par l’intermédiaire de molécules.
C’est un très exemple de coopération cellulaire.
Une fois débarrassé de l’intrus, des lymphocytes T4 sélectionnés sont mis en mémoires dans les ganglions lymphatiques: c’est sur ce phénomène que repose la vaccination.
Testez-vous !
Rappel: Évolution de l’immunité inné et adaptative dans le monde animal

Remarques:
- – 800 Ma: apparition des deutérostomiens (=formation de la bouche en second)
- Puis apparition du tube nerveux dorsal
- – 450 Ma: apparition de la mâchoire chez les gnatostomes
Exercices d’entrainement
2e_partie_exo_1_pondichery_2016_Test_Grippe_
